chansons sans musique
Il me plaît d’écrire des chansons. Mais je suis un piètre musicien. Si cela vous chante, accompagnez ces ritournelles de l’air qui vous convient.
| nourris-moi | l'étrange blogue de Nelson Guilbert |
Il me plaît d’écrire des chansons. Mais je suis un piètre musicien. Si cela vous chante, accompagnez ces ritournelles de l’air qui vous convient.
la machine ronronne
et toutes les fortunes
scintillent sous la lune
la machine ronronne
entre les cliquetis
une plainte chétive
s’échappe des archives
entre les cliquetis
n’as-tu pas entendu
comme j’ai entendu
c’est la voix de carême
du dernier des poèmes
leur amour est une peinture à numéros
elle colore la case dix-huit
en songeant à la couleur de ses rideaux
leur amour est une peinture à numéros
il colore la case vingt-huit
en pensant à la marche de l’escargot
leur amour est une peinture à numéros
ils colorent la case trente-huit
en rêvant à Dalí Magritte ou Watteau
je ne voulais pas de vent dans les oreilles
je ne voulais pas de vent dans les oreilles
mais lorsque le train a sonné ton retour
c’était bien le vent qui m’avait rendu sourd
je ne voulais pas de suie sur les paupières
je ne voulais pas de suie sur les paupières
mais lorsque le feu dans ta bouche a jailli
c’était bien la suie qui m’avait éblouie
je ne voulais pas de vide entre les dents
je ne voulais pas de vide entre les dents
mais lorsque tes mots sur le sol ont coulé
c’était bien le vide qui m’avait saoulé
je ne voulais pas de couloirs dans la tête
je ne voulais pas de couloirs dans la tête
mais quand les flots annonceront ton exil
c’est dans les couloirs que je prendrai asile
Joins ta paume à la mienne
Allons là où toutes les maisons sont pareilles
Joins ta paume à la mienne
Noyons-nous dans les parfums des quadrilatères
Étendons-nous par terre
Photocopions les bonheurs et les charmes tièdes
Entonnons la prière
Que des vies rectilignes sortent de nos veines
Joins ta paume à la mienne
Joins ta paume à la mienne
À quoi tu penses, acarien géant
Pour qui tu cries, crétin en conserve
Tu me dérange, mousse de divan
Pourquoi tu ris, atome de merde
Tu craches tout autour cette bile verdâtre
Qui épaissit la lie dans les torrents visqueux
Tu salis le portrait de tous les idolâtres
Sans songer à la crasse éruptant de tes yeux
À quoi tu penses, souillure d’abysse
Pour qui tu cries, rongeur de ficelles
Tu nous dérange, bourbe d’immondices
Pourquoi tu ris, stérile crécelle