le ouaibe
L’autoroute de l’information est un creuset intarissable de phénomènes étranges, absurdes, voire complètement ridicules.
| nourris-moi | l'étrange blogue de Nelson Guilbert |
L’autoroute de l’information est un creuset intarissable de phénomènes étranges, absurdes, voire complètement ridicules.
Chacun sait qu’il n’est pas recommandé de lire, de répondre, ou même de toucher avec un bâton de douze centimètres à ces courriels où l’on vous offre d’acquérir un diplôme de maîtrise ou de doctorat, moyennant une certaine somme d’argent et ce, sans être ni maître, ni docte.
Cela est encore moins avisé lorsque l’homme qui vous fait cette offre mirobolante se nomme Rusty Ham.
– Monsieur Google, ah! je suis à l’agonie. Aidez-moi, aidez-moi, je vous prie!
– Jour et nuit, nuit et jour, je veille, je me dévoue; hé bien, ma belle dame, que puis-je pour vous?
– Je digère si mal, et cela m’indispose; je crois que mon dentier en est la triste cause.
– Si c’est votre dentier, pour moi je n’en sais rien; mais vous le saurez bien en cliquant sur ce lien.
Et c’est (peut-être) ainsi que l’on pria Google d’opérer une recherche sur l’expression «digestion et dentier» et que, plutôt qu’un examen approfondi des rapports entre l’assimilation des aliments par le corps humain et les divers modèles de prothèses dentaires, l’on trouva un blogue dégueulasse, qui vient de l’espace, et qui doit être nourri.
Mais quelles sordides expressions ont cette fois-ci mené de pauvres internautes dans mon humble demeure virtuelle? Voyons voir…
Tout cela est juste et bon. Ou injuste et mauvais, c’est selon. Tout cela est assurément n’importe quoi. Mais qui diable est Rose «Gorak» Simard? Une cultivatrice de pooomes et de petites poires non comestibles, portant un casque pour le Tour de France, pratiquant à ses heures la torture par cravate interposée, et s’écriant parfois, entre deux bouchées de gigot de phoque: «Marquis, marquis, vous me déchirez»? On ne le saura probablement jamais.
Encore et toujours, la liste des expressions utilisées par celui-ci et celle-là sur les moteurs de recherche, et qui les font aboutir dans ce fatras hétérogène que j’ose qualifier de blogue, est tout à fait stupéfiante. Voici:
N’importe quoi, vous dis-je, n’importe quoi! Que pensent les gens qui font de telles recherches? Nul ne le sait. Mais ainsi va le monde: j’écris ce que j’ai à écrire, le foutoir de l’information et son exotique faune font le reste. Ces aberrations, aussi incongrues soient-elles, correspondent sans doute au cours ordinaire des babazillions de mots qui voyagent et se rencontrent à la faveur de quelques impulsions électriques.
Et puis, ce n’est tout de même pas comme si j’écrivais des trucs dingues tels que «boule de poil bourgogne nounours sésame perruche combustible grouillement excroissance sexe bancal tracteur brebis somnifère» dans le simple but d’attirer vers moi de telles phrases…
BONUS: Il y en a aussi des vertes et des pas mûres chez Rodrigue Gariépy:
Situation familière: vous cherchez les clés que vous aviez perdues, vous ne trouvez que votre montre. Vous cherchez un tournevis, vous retrouvez vos clés. Vous cherchez la vérité, vous trouvez le tournevis.
Il en va de même pour les moteurs de recherche. À preuve, cette édifiante liste de choses que de pauvres âmes perdues ont voulu chercher, et n’ont point trouvé, aboutissant plutôt sur ce foutu blogue (je les retranscris telles quelles):
Il m’a semblé qu’avec le temps, ces listes devenaient de plus en plus troublantes…

(ma modeste contribution à ce populaire mème, où l’on fait d’abord croire à des intentions meurtrières pour révéler ensuite l’âme d’un gros nounours)