turbidité totale

(Les règles: je génère une liste de mots et d’expressions avec la fonction «au hasard» du Wikitionnaire, j’y choisis ceux qui m’interpellent et, les laissant dans l’ordre où ils sont apparus, je bricole de mirobolantes phrases.)

Cette turbidité totale plaisait au sage-homme érotomaniaque.

L’oursin récalcitrant s’addictisera aux biscuits secs.

L’anti-utopie, à sa pointe extrême, mésentend l’éclectique beat colonial.

Paqueresse filardeuse, tu enténèbres les serviettes des maître-nageuses antipoétiques.

Les aristocrates envoyèrent aux nouvelles la mise à mort d’un non-lieu; un dynamitage par bombe aérosol.

histoire incomplète 2

Fatiguée d’étudier les contours de ses chaussures, elle a, un peu malgré elle, levé les yeux.

[…]

Le moteur du réfrigérateur émet un dernier râle. Une bile noire et visqueuse se répand sur le carrelage.

[…]

Elle court, et en courant elle pense, cours, cours toujours devant, cours à t’en disloquer les rotules, cours à t’en rompre la langue.

[…]

L’accouplement des tortues de mer est parfois d’une grande violence.

[…]

Tombant du trente-sixième étage, le ministre des ressources humaines regarde sa montre.

à louer à vendre

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à louer
en ville c’est la fête
c’est la fête dans le désert
c’est la fête et les gens saignent
un sang noir et sucré
derrière les vitrines blanches
à louer
à vendre
les corps désaffectés
les coudes qui s’entrechoquent
les yeux rouges, les yeux pâles
pulsations de vie
pulsations de mort
à vendre
à louer
vapeurs vertes, complexes
de taurine et d’alcool
de sueur et d’ennui
c’est la fête dans le désert
dehors l’air beige
caresse l’asphalte
étouffe la lumière
se frotte sur les murs
mous et perplexes
à louer
à vendre
un râle bleu marine
émerge du quartier voisin
dans le garage d’un comptable agréé
un râle à peine perceptible
un vrombissement
qui aspire tout
ce soir c’est la fête
et mes poumons sont vides
placardés de plywood
la clé dans la porte
les fougères desséchées
les petits tourbillons de poussière
le sable sec sur ma tête
ma tête incolore
à louer
à vendre
à vendre
à louer

faits alternatifs 2

  • L’on serait tenté de croire le contraire, mais plus personne ne visite l’application Tinder. Depuis le 14 mars 2016, on n’y trouve en effet que des robots publicitaires qui s’entre-dévorent.
  • Ne balancez pas trop vite votre Publi-Sac au recyclage! Plusieurs de ces sacs renferment un code secret, disséminé parmi les circulaires. Ceux qui parviennent à reconstituer le code obtiennent le privilège d’adhérer à une organisation secrète et parfaitement légale, dont les membres récoltent à chaque trimestre les profits engendrés par la vente de repas surgelés, de sirop pour la toux, de pantalons vert pâle et de papier hygiénique.
  • Lorsque vous devenez membre de Facebook, sachez que vous acceptez, sans doute à votre insu, «d’accorder un accès illimité à vos données à Monsanto, au Luxembourg, à Guy A. Lepage et à Wal-Mart».
  • Le réchauffement climatique est une erreur de perception. Ce ne sont que nos corps qui refroidissent.

(Source : le site sante-nutrition-et-nouveau-desordre-mondial.org)

faits alternatifs 1

  • Le poulet grillé que l’on prétend vous servir dans les restaurants Subway n’est pas du poulet, mais un savant amalgame d’huile de soya, de benzoate de pseudopotasstium, de polyester, de crayon feutre et de molécules de poulpe.
  • Le célébrissime animateur culinaire Ricardo est mort depuis trois ans. On l’a vraisemblablement fait disparaître car il détenait des informations que l’on voulait garder secrètes. On maintient depuis l’illusion qu’il est toujours en vie à l’aide de projections holographiques.
  • Les individus qui dans l’ombre dirigent La Meute sont en fait de véritables loups à qui l’on a appris les rudiments de la communication par ordinateur.
  • Quatre-cent mètres sous le Parlement de Québec s’étend un vaste réseau de catacombes, habité par des mutants, mi-hommes mi-esturgeons, lesquels exercent une influence considérable sur nos gouvernements.
  • L’un des susmentionnés mutants-hommes-esturgeons, Flshhh’ Ung’raaahish, fut banni de la communauté dans les années 1980 pour grossière indécence. Il habite désormais parmi nous, sous le nom d’emprunt de Richard Martineau.

(Source: Ministère de l’improbable, des cumulo-nimbus et de l’histoire ancienne du Canada)