quatre-vingt-dix-neuf

Quatre-vingt-dix-neuf pas martelaient le pavé
Des panneaux tournoyaient, remplis de beaux slogans
La chorale scandait des refrains surannés
Qui allaient se mêler au vacarme ambiant

Quatre-vingt-dix-neuf bras se dressaient dans les airs
Recherchant les regards des banquiers, des comptables
Pendant que s’effritaient sur les trottoirs amers
Des billets desséchés comme feuilles d’érables

Aux pieds des gratte-ciel ils réclamaient justice
Formant, par aventure, une douce milice
Leurs cris d’indignation étaient leurs seules armes

Mais là-haut les parois sont opaques et lourdes
Les oreilles des grands, sélectivement sourdes
Et bientôt glisseront quatre-vingt-dix-neuf larmes.

La parole est à vous