changer l’histoire

Ces jours-ci, un certain groupe de musique «humoristique et engagé» fait des vagues. Il ne doit sa notoriété ni à la qualité de ses textes, ni à l’originalité de ses compositions, mais surtout au fait que son œuvre glorifie à l’extrême le thème de la fureur révolutionnaire. Oh, et à ces images, l’une où l’on invite à coups de lettres de scrabble à «tuer Martineau» (mot compte double), l’autre où un Delacroix parodié montre Amir Khadir et un homme déguisé en banane triomphant d’un Jean Charest à l’agonie. Deux images, trois accords et un scandale plus tard, cet épouvantail musical aura attiré à la fois l’admiration des révoltés, le frisson des épidermes sensibles, et les foudres des médias et du gouvernement.

Mais, au-delà de leur réputation gonflée à l’hélium, que nous disent ces belliqueux troubadours? Considérons ce refrain au style approximatif, où l’on se récrie contre l’à-plat-ventrisme prétendu de manifestants étudiants qui scandent «on reste pacifiques» devant l’oppression policière:

C’est pas les pacifistes qui vont changer l’histoire
On pitche des pavés et pis on brûle des chars

Ouf.

D’abord, ceci: ils sont libres de chanter ce que bon leur semble, vous êtes libres de les écouter et d’acheter leurs disques, je suis libre d’admirer leur audace et déplorer leur balourdise.

Cela étant, il me semble – corrigez-moi, si je me trompe – qu’il y a moyen d’être pacifiques sans toutefois s’allonger comme des carpettes. Que de rester debout devant le tumulte, c’est déjà faire preuve de courage. Que l’on peut s’indigner, crier sa colère, vomir son fiel, mais sans brûler, sans casser, sans donner des armes à Frisounet qui cherche à se faire réélire en exploitant la violence pour effrayer mononcles et matantes.

Mais si c’est en «pitchant des pavés» que l’on change l’histoire, vous changerez l’histoire sans moi.

3 commentaires sur “changer l’histoire”

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