à louer à vendre

à louer
à vendre
à vendre
à louer
en ville c’est la fête
c’est la fête dans le désert
c’est la fête et les gens saignent
un sang noir et sucré
derrière les vitrines blanches
à louer
à vendre
les corps désaffectés
les coudes qui s’entrechoquent
les yeux rouges, les yeux pâles
pulsations de vie
pulsations de mort
à vendre
à louer
vapeurs vertes, complexes
de taurine et d’alcool
de sueur et d’ennui
c’est la fête dans le désert
dehors l’air beige
caresse l’asphalte
étouffe la lumière
se frotte sur les murs
mous et perplexes
à louer
à vendre
un râle bleu marine
émerge du quartier voisin
dans le garage d’un comptable agréé
un râle à peine perceptible
un vrombissement
qui aspire tout
ce soir c’est la fête
et mes poumons sont vides
placardés de plywood
la clé dans la porte
les fougères desséchées
les petits tourbillons de poussière
le sable sec sur ma tête
ma tête incolore
à louer
à vendre
à vendre
à louer

Une pensée sur “à louer à vendre”

La parole est à vous