déluge verbal

Il m’arrive parfois de commettre des «déluges verbaux», des textes sans tête, ni queue, ni rien du tout. J’aime les écrire. On n’aimera peut-être pas les lire. Quoi qu’il en soit, j’en publierai parfois dans ce bloye. Tiens, prenons, par exemple, cette affaire que j’écrivis, il y a moult longtemps:

La lune qui fait une fellation au président de la Hongrie
Un robot qui déplume gaiement un ambassadeur d’Australie
Une voiture qui se déplace plus vite qu’une moissoneuse-batteuse
Un sympathique ministre des égoûts qui pleure des lessiveuses

Une cigarette mi-allumée qui recycle des vapeurs d’eau
Une bicyclette désaxée crachant trente litres de sirop
Un sparadrap herculéen qui recouvre des paroles houleuses
Un unijambiste difforme qui plie le bâton de Gilles Deleuze

Une petite poire non-comestible qui s’est dévorée par erreur
Un escargot aux trois fromages avec un grand verre de douleur
Une arbalète répétitive qui mitraille André Jolicoeur

Une toupie presque asmathique qui a charmé cinquante macaques
Un colibri neurasthénique qui chante sous une pluie de tomates
Un alibi informatique qui anéantit les cravates

Une machine à coudre sauvage qui roupille sur son oreiller
Un collectioneur d’œsophages qui lutte avec un cordonnier

Un raton-laveur nymphomane qui osculte un vieux téléphone
Une pilule verte et expirée qui rigole d’une vieille madone

Les adeptes de la cohérence n’ont qu’à bien se tenir...