les pourriels

Qui sont ces gens qui envoient des pourriels? Et quels sont ceux qui, par une extrême naïveté, tombent dans le panneau?

Cela me rend chaque jour plus perplexe. Toujours à l’affut de nouvelles méthodes pour déjouer les filtres anti-pourriel qui deviennent de plus en plus sophistiqués, les producteurs de mails-poubelle rendent en effet leurs messages de plus en plus bizarres, voire complètement ridicules. J’en veux pour preuve cette missive, un peu surréaliste, reçue ce matin:

titre: to Stockholm, as a dainty of
de: Parras (undies@dwikarya.nl)
Luteus_ calycibus verticillatis appendiculatis: labio superiore bipartito; inferiore tridentato. _Linn. Syst. Vegetab. ed. 14._ _Murr. p. 656._ LUPINUS sylvestris, flore luteo. _Bauh. Pin. 348._ The Yellow Lupine. _Park. Parad. p. 336._ [Illustration: No 140] The present, with many other species of Lupine, is very generally cultivated in flower gardens, for the sake of variety, being usually sown in the spring with other annuals; where the flower-borders are spacious, they may with propriety be admitted, but as they take up much room, and as their blossoms are of short duration, they are not so desirable as many other plants. It is a native of Sicily, and flowers in June and July. We have often thought that the management of the kitchen garden, in point of succession of crops, might be advantageously transplanted to the flower garden; in the former, care is taken to have a regular succession of the annual delicacies of the table, while in the latter, a single sowing in the spring is thought to

uniformise

Que penser de cette citation en latin? De ces considérations sur la botanique? De cette image difforme? Quel est le rapport avec Stockholm!?

Et comment font-ils, bordel, pour savoir que j’ai un petit p…

poésie et croustilles

Ah, je m’en voudrais de tenir caché plus longtemps ce sonnet que j’ai composé, à l’occasion d’une vive discussion sur les croustilles méli-mélo et party mix! Dans ma tribu, l’unanimité semble régner sur cette question: dans une fête digne de ce nom, ces croustilles sont à proscrire! C’est le Chevalier qui a lancé la discussion, par un discours dont on se souviendra longtemps, et je dois le remercier ici de m’avoir inspiré ce sonnet.

Trève de préambules! Voici le fruit de mon labeur:

Si, devant les convives, deux croustilles s’offraient
Que préférerait-on pour calmer l’appétit?
Mettrait-on dans sa bouche un succulent shreddie
Ou préférerait-on ce jaune bâtonnet?

Or personne ici-bas n’ose leur donner chance
De tapisser les langues de sucre et de sel
Car elles marchent ensemble; et encore, avec elles
S’avancent des bretzels et des cheerios rances!

De vieux débris, pourtant, devant les invités
Sortaient encore hier de leurs gardes-mangers
Ces aberrants amas de médiocres croustilles!

Mais les hommes qui font d’honnêtes bacchanales
Savent bannir ces chips aux saveurs si banales
Et de vraies doritos épousent leurs papilles.

déluge verbal

Il m’arrive parfois de commettre des «déluges verbaux», des textes sans tête, ni queue, ni rien du tout. J’aime les écrire. On n’aimera peut-être pas les lire. Quoi qu’il en soit, j’en publierai parfois dans ce bloye. Tiens, prenons, par exemple, cette affaire que j’écrivis, il y a moult longtemps:

La lune qui fait une fellation au président de la Hongrie
Un robot qui déplume gaiement un ambassadeur d’Australie
Une voiture qui se déplace plus vite qu’une moissoneuse-batteuse
Un sympathique ministre des égoûts qui pleure des lessiveuses

Une cigarette mi-allumée qui recycle des vapeurs d’eau
Une bicyclette désaxée crachant trente litres de sirop
Un sparadrap herculéen qui recouvre des paroles houleuses
Un unijambiste difforme qui plie le bâton de Gilles Deleuze

Une petite poire non-comestible qui s’est dévorée par erreur
Un escargot aux trois fromages avec un grand verre de douleur
Une arbalète répétitive qui mitraille André Jolicoeur

Une toupie presque asmathique qui a charmé cinquante macaques
Un colibri neurasthénique qui chante sous une pluie de tomates
Un alibi informatique qui anéantit les cravates

Une machine à coudre sauvage qui roupille sur son oreiller
Un collectioneur d’œsophages qui lutte avec un cordonnier

Un raton-laveur nymphomane qui osculte un vieux téléphone
Une pilule verte et expirée qui rigole d’une vieille madone

Les adeptes de la cohérence n’ont qu’à bien se tenir...

I don’t want relationship, I just want blog blog blog

Blog blog blog.

Un blogue doit être nourri pour vivre, cela va de soi. Mais de quels aliments se nourrissent les blogues?

De n’importe quoi, dit-on. N’importe quoi qui comporte des lettres combinées pour donner des mots, qui se suivent dans ce que l’on appelle communément des phrases. Remarquez, ce ne sont pas tous les bloguistes (blogueurs? blogomaîtres? blogouneurs?) qui font des phrases complètes; à peine certains font-ils des phrases.

N’importe quoi, donc? Ouais.

– Je pourrais déverser ici tout le contenu de mes tripes (métaphoriquement ou pas), crier au monde mon existence;

– Je pourrais jouer les vierges offensées et me scandaliser pour tout et pour rien;

– Je pourrais partager mes intérêts pour diverses disciplines, telles la plongée en eau douce, le tricot ou le boulingrin;

– Je pourrais encore dénoncer les pas-fins, chasser les sorcières, protéger les otaries, défendre le veuf et l’orpheline;

– Je pourrais aligner une interminable série de photos de chiens, de paysages, de fleurs, que les quidams pourraient admirer;

– Je pourrais même, à la limite, écrire en langage binaire (ce qui me fait penser à cet excellent mot d’esprit: 010 0 010 1110 111010);

Mais je ne ferai rien de tout cela.

Non.

Le défoulement par l’écriture. L’écriture par le défoulement. Donner corps aux idées, folles et moins folles, qui traversent fugitivement mon esprit.

Écrire, surtout. Écrire sur tout. Écrire sur rien. Écrire pour écrire. Parce que même si j’écris n’importe quoi, au moins j’aurai écrit quelque chose.

Blog blog blog.